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extraction versus extractivisme
On pensait être un peu sorti de cet amalgame entre extraction et extractivisme, synonyme péjoratif d’exploitation excessive de ressources naturelles.
La Biennale d’Architecture de Venise (cf. p. 14) nous a démontré le contraire puisqu’elle affichait clairement le “côté obscur” de l’activité des carrières de marbre de Carrare, dans l’un de ses espaces d’exposition.
Les vieux démons sont donc à nouveau de sortie, en tout cas en Italie, alors qu’en France il nous semblait que les carrières de roches ornementales avaient réussi à se sortir de leur assimilation aux exploitations de lourds tonnages aux empreintes visuelles fortes.
La Biennale italienne intervient comme une piqûre de rappel sur le travail continuel qu’il est nécessaire de faire pour démontrer que la pierre naturelle dimensionnelle reste un matériau incontournable de la décarbonation de la construction et que les impacts de son exploitation sont sans commune mesure avec ceux d’autres matériaux géosourcés.
Elle confirme aussi que la problématique de la préservation de l’accès aux ressources sera LE sujet des prochaines décennies pour l’ensemble des métiers de la pierre et que ceux-ci auront tout intérêt à parler d’une seule voix sur le sujet.
Il s’avèrera sans doute plus que nécessaire de communiquer clairement sur les différences entre les modes d’exploitation des différents matériaux et types de produits de l’industrie extractive. Une mine n’est pas une carrière, une carrière de granulats n’est pas une carrière de roche ornementale, un bloc de pierre massive n’est pas un bloc de béton, une lauze n’est pas une tuile de terre cuite...
Il ne s’agit en aucune manière de remettre en cause la légitimité des différents matériaux de la construction, mais de simplement éviter des amalgames trop faciles, qui pourraient s’avérer létaux pour certains...
Fiche technique